Fetba, renaissance d'un village |
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Préparation du Raid Buenos-Aires Caracas 2008 |
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| vendredi, 14 mars 2008 13h09 | |
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Pour la petite histoire, depuis plus de 10 ans, je partage des grands moments de raids aventures à travers le monde avec mes camarades journalistes, cameraman ou photographe de l'association Visa coopération. En effet, des raids nous avons eu la chance d'en suivre, qu'ils soient sportifs pour certains et humanitaires pour d'autres, mais toujours avec un esprit de contact et de partage avec les populations rencontrées. La traversé d'Amérique du sud nous en rêvions depuis très longtemps, hélas nos parcours professionnels nous ont souvent donné l'occasion de traverser les magnifiques paysages d'Afrique, d'Asie et même du Moyen Orient. Il aura fallu attendre 2008 et le 80ème anniversaire d'Ernesto Guevara pour enfin découvrir les pistes latino-américaines. Avant tout, ne jamais oublier que tout projet demande rigueur et surtout patience. Sur ce projet, qui compte pas moins de 6 pays, 12 000 kms et surtout une grande variation de climats, de reliefs et d'altitudes nous avions à surmonter plusieurs défis. Trois questions fondamentales se posent à nous. Où, quand et surtout comment ? Pour la première interrogation, nous connaissions le parcours de Guevara à la lecture de son carnet de voyages « voyage à motocyclette ». Dans son journal, il écrit avec détails les différents lieux traversés, les dates et surtout ces multiples rencontres qui jalonnent son voyage. Mais je voulais aller plus loin dans mon investigation, le personnage était complexe et je souhaitais mieux connaître la vie de ce jeune étudiant en médecine qui en décembre 1951 débute son voyage à moto avec Alberto Granado et atteindront le Venezuela en juillet 1952. Départ pour Cuba, à la recherche d'infos, totale immersion dans une île où le temps est resté figé un lendemain de révolution. La ferveur des habitants pour le Che est omniprésente dans la ville de la Havane. Direction le petit musée Ernesto Guevara, là, je découvre la carte originale de son premier périple. Moment d'émotion devant cette carte mais aussi ma prochaine aventure. Apres avoir identifié le parcours, il faut tout de même se poser la question de la faisabilité. Un itinéraire a toujours des points critiques voir impossibles, savoir les contourner, imaginer un plan B. L'outil incontournable après des bonnes cartes détaillées, des guides appropriés, l'Internet est une vraie mine d'infos (forum, sites dédiés, blogs). Pour notre itinéraire, il nous a fallu modifier légèrement la fin du périple originale. En effet, Guevara et Granado ont pris le bateau au Pérou dans la ville de Pucallpa pour rejoindre Iquitos et ensuite Leticia en Colombie, où ils prirent un avion pour Bogota et ensuite Caracas. Pour ne pas perdre de temps, nous prendrons la voie terrestre à travers la forêt Amazonienne. De Cuzco nous rejoindrons par une piste accidentée Puerto Maldonado. De la, débute notre parcours sur la transamazonienne, Rio Branco, Porto Velho des noms qui fleurs bon les moustiques, l'humidité, la sueur, le montage des hamacs, la rencontre avec les orpailleurs mais aussi avec ses populations de peuples amérindiens croisé le long de notre route. Une interminable piste avec sa succession de campements, dans ce monde hostile ou notre seul but est de rallier Manaus et ensuite Caracas. Par bateau, notre périple aurait été moins pénible mais en terme de temps nous gagnons une semaine par les pistes. A la question : Quand ?Un continent, 6 pays, la forêt amazonienne, les Andes, la Pampas, un vrai casse-tête météo. Ne pas partir en saison des pluies a été notre choix. La Sagesse avant tout au détriment des images, pour que notre expédition en Amazonie ne se transforme en désastre. L'incontournable Amazonie est pour nous le grand point d'interrogation. Il y a quelques années les deux expéditions « Camel Trophy » au Brésil ont dû se faire une raison, la nature est toujours plus forte. La saison des pluies dans ces régions inhospitalières serait suicidaire pour des baroudeurs même équipés de véhicules adaptés. Routes coupés sur des centaines de mètres par des torrents d'eau ou encore pistes rendu impraticable par des pluies incessantes, voila notre crainte. La solution, un plan B par voie fluviale moins fun, plus lent, mais plus sur. A la question comment ?Nous avons opté pour un moyen de locomotion qui nous laisse libre de nous arrêter aux grés de nos prises de vues et de nos rencontres. Depuis le Cap Paris 2000, j'ai petit à petit préparé mon Patrol. Je n'aime pas le terme préparation pour beaucoup cela à une connotation compétitive. Pour moi nous avons adapté ce patrol aux contraintes d'une équipe de tournage en gardant à l'esprit l'endurance. Mais pour que ce 3.3 turbo nous transporte de Buenos Aires à Caracas en 58 jours, il a fallut le modifier légèrement. La partie moteur est restée la même, un bon vieux 3Litres3 turbo infatigable, et espérons-le indestructible, une petite vérification du turbo, durites, colliers de serrage. J'avais pu encore une fois tester sa robustesse sur les pistes marocaines en avril 2007 sur le raid de l'Amitié. Parcours sans fautes hormis un petit souci de demie-lame arrière que nous avons dû retirer, pour le coup moins de secousses dans le Patrol. Les suspensions et les amortisseurs sont un point important qu'il ne faut pas négliger sur ces distances et différents reliefs. J'ai pu le constater, sur les pistes entre le Cap (Afrique du Sud) et Paris. Les ornières du nord du Kenya, les ravines d'Ethiopie et les trous dans le désert Soudanais auront été à l'époque pour nos suspensions et amortisseurs un vrai supplice. De bonne suspension, cela vous change un voyage. Pour ce nouveau périple, le cahier des charges est simple : 4 personnes à bord, du matériel pour une équipe de tournage, un groupe électrogène. Nous devons être autonomes. Campement sur une grande partie du parcours et, bien entendu vêtement pour les différentes étapes du voyage. Le matériel de tournage, de montages, l'eau, la nourriture, les pièces détachées, les outils, un Nissan Patrol 3.3l turbo, un peu plus de 100 CV, 2 roues de secours, 2 jerricans de 20 litres de gasoil et 2 de 10 litres de super enfin voila l'équation a plusieurs inconnu est posée, à nous de trouver le meilleur compromis.
Mais avant toute chose, passage
par la carrosserie. La traversée sur le pond d'un bateau entre Le Havre et Le
Cap (Afrique du Sud) en 2000 aura eu des effets regrettable sur les tôles de
notre Patrol. Notre grande préoccupation : la partie roulante (pneumatiques, lames et amortisseurs), il nous faut trouver des pneumatiques indestructibles. Notre ville de Clermont Ferrand est en France et à travers le monde la capitale du pneumatique. La manufacture Michelin nous conseille une monte en BF, dans des dimensions d'origines, en all terrain. Polyvalent et très robuste se sera la première fois que nous partons avec ce genre de carcasse. Nous ne manquerons pas de vous donner des nouvelles, surtout en Bolivie avec ses pistes défoncées. Après les pneumatiques, la difficulté est de trouver un couple (amortisseurs, lames) ni trop dur, ni trop léger.
Pour monter tout ce beau monde, passage chez un ami dont le fer n'as plus de secret (Hordot savoir fer), Laurent nous a étudié des points d'encrage pour nos amortisseurs OME. Pas facile avec les différentes contraintes mécaniques de direction, de trouver les bons points, mission accomplie, pour Laurent tout problème a forcément une solution.
Nous avons dû improviser un bureau d'étude pour créer les fixations pour nos longues portées, éclairage de travail et nos feux arrière. Créer des supports pour le Hight lift, la pelle, la hache, le support des deux jerricanes, notre deuxième pneu de secours, ainsi qu'une fixation pour notre perche de tournage. Un vrai casse tête mais encore une fois le système « D » et un peu de savoir faire nous a permis de résoudre les impératifs de place à l'intérieur du véhicule. Le pare buffle indispensable pour ce raid a été confectionné par un autre artiste du fer. De la Rosa est ses gars nous ont dessiné un support indispensable pour notre treuille de 5 tonnes acheté sur le net (à tester).
Encore une fois ce genre d'aventure ne doit pas se traiter à la légère, le moteur et tous ces organes seront eux auscultés par notre préparateur modeste mais non moins efficace Frédéric Mistral. Avant tout vérification des points de compression du moteur. Bientôt 300 000 kms, il faut en savoir un peu plus sur la bête. Effectivement verdict compression un peu faible mais rien de très méchant, il peut encore faire ce périple. Nous n'échapperons pas au changement des injecteurs et au calage de la pompe à gasoil. Montage tant qu'on y est d'un près-filtre à gasoil (on ne sait jamais, le gasoil contient parfois de l'eau ou du sable dans certains pays). Démontage du turbo, mais aucun doute Fred nous rassure (pas de blême). Si tout tourne correctement la philosophie de Fred est simple on ne change pas une équipe qui gagne pour faire simple cela ne sert a rien de tout changer simplement les pièces d'usures (flexibles de freins, durites...).
Très importante dans une
préparation pour un photographe ou cameraman c'est la partie électrique
convertisseur ou transfo groupe électrogène. Mon attention c'est donc portée
sur cette partie moins visible mais incontournable. J'ai fais équiper le
véhicule d'un second alternateur de 24 volts. Celui-ci alimente 2 batteries
additionnelles que j'ai monté à l'abri à l'arrière du 4X4. Des deux batteries
indépendantes, je peux donc au choix avoir du 24 volts, mais aussi du 12 volts
et surtout du 220 volts indispensables pour le chargement et le fonctionnement
de notre matériel de tournage et montage.
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Sur les 58 jours d'aventure nous
comptons bivouaquer une trentaine de jours, il faudra composer avec les
différents paramètres météorologiques et surtout les nombreux reliefs donc tout
a été étudié : faire le repas le soir (camping gaz, casseroles, quelques
paquets de nouilles et boites de sardines, une grande tente 4 places avec salon
qui vient se positionner à l'arrière du patrol. Refuge le soir, en cas de pluie
pour le repas et le montage.Pour notre sécurité, nous avons placé 5 extincteurs, il ne faut pas lésiner. Il nous faut trouver des partenaires, car le plus gros de notre budget après la préparation du 4X4, c'est belle et bien le transport maritime et les frais portuaires. Six mois de longues tractations avec une dizaine de transporteurs, une compagnie enfin retient notre attention. La grande problématique reste le retour de notre Patrol de Caracas, le Venezuela visiblement reste un pays un peu en marge en Amérique du Sud. A savoir pour cette aventure ne pas oublier un carnet de passage en douane (voir avec l'automobile club de France) et surtout un montant financier bloqué en banque qui correspond à la valeur du véhicule. Cet argent restera bloqué jusqu'au retour du véhicule et surtout de notre carnet de passage en douane dûment remplie et tamponné à chaque passage de frontière. Comment trouver des partenaires ?
Pas simple de nos jours de
trouver un financement, l'heure est aux restrictions budgétaires. Le fait que nous soyons une équipe de tournage, qui réalisera un documentaire sur les populations amérindiennes, la déforestation de certaines zones amazoniennes, la pollution des eaux par le mercure et autres produits toxiques dans beaucoup de mines nous donne une image plus sympa, plus politiquement correcte. Qui dit partenaire, dit souvent autocollant aux couleurs de nos sponsors. Sur notre véhicule, nous avons souhaité lui donner un look original moins pub. Un vrai chalenge pour notre artiste de service. David ou encore Mut est peintre, sculpteur, dessinateur, tailleur de pierre. Mut est un fou du détail, un infatigable du pinceau, Notre artiste a su créer une véritable ambiance de bande dessiné, son carnet de voyage débutera sur notre carrosserie. Nous avons décliné ces créations sur des tee-shirts, le dossier de presse, le site Internet www.visacooperation.com, un stand 4X3. Mais le « top » de sa création correspond aux trois visuels que l'on peut admirer sur notre Patrol et qui lui donne une incontestable dimension artistique. Encore une fois, le secret de la réussite c'est un vrai travail d'équipe entre un artiste et un chef d'entreprise passionné par notre projet. Patrick Tabard professionnel de l'impression numérique, perfectionniste du visuel près à coller, nous a réalisé des tirages sur vinyl de grandes qualités. Le collage est un numéro de virtuose, amateur s'abstenir, la calme et précision sont deux vertus pour réaliser ce boulot de pro. Castel Pub nous a scotché par sa prestation. Pour donner une dimension supplémentaire, cette œuvre sur 4 roues motrices sera le fil conducteur d'un carnet de voyage et surtout d'une série de film de 3 minutes diffusées chaque semaine et cela dura notre aventure sur une chaîne de la TNT et enfin un documentaire de 52 minutes sera réaliser a notre retour que pour toutes nos aventures. Nos films nous permettent de financer un nouveau projet d'expédition ou des missions de coopération en Afrique. |
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