Au sortir de Calama, nous bifurquons à l'est, direction la Bolivie.
Il fait très chaud, c'est le milieu de l'après-midi, l'environnement extérieur est très aride. La poussière de la route s'infiltre de toutes parts.
Nous arrivons au village de Chui Chui.
Au centre du village, se trouve une très vieille église. Elle date de 1611. C'est l'une des premières églises construites dans le nord du Chili par les espagnols.
Nous en faisons le tour : quelques tombes bordent l'église. A l'époque, il était de coutume d'installer les cimetières à côté des églises. Le portail extérieur est fait en bois de cactus, un bois très résistant nous dit-on. La couleur blanche de la chaux rappelle les couleurs des maisons du bassin méditerranéen.
Sur le côté de l'église, une porte s'ouvre, nous passons à l'intérieur. Le charme de cette église est encore plus manifeste à l'intérieur. Cette petite église dont le toit est également fait en bois de cactus nous invite à la méditation. On imagine comment s'est déroulée la christianisation dans ces contrées éloignées.
Depuis quelques années déjà, la sécheresse gagne ce village. A deux pas de l'église, quelques agriculteurs de Chui Chui ramassent des carottes. La terre est dure comme de la pierre.
Chui Chui possède même sa maison de quartier équipé de plusieurs ordinateurs. Elle est située sur la place du village, nous y rencontrons les jeunes avec qui nous discutons un moment.
Proche du village, une petite coopérative agricole subsiste tant bien que mal. Quatre agriculteurs de Chui Chui se sont réunis pour monter cet ensemble sous bâches pour y faire pousser des légumes : salades, oignons, carottes, poireaux etc. Mais la réserve d'eau est chaque année plus basse et malgré un système d'irrigation bien ficelé, ces agriculteurs ne savent pas combien de temps ils vont pouvoir continuer à récolter.
A la sortie du village de Chui Chui, sur la route qui nous emmène en Bolivie, nous trouvons ce petit camping. Au lieu de monter une tente 6 places, il nous parait à ce moment là bien plus opportun de se glisser directement dans un duvet au fond d'une piscine à sec. La nuit a été bien froide, ne dépassait du duvet que le bout du nez.
Manu vérifie les niveaux car aucune station d'essence n'est prévue jusqu'à la frontière.
Au petit commerce du camping, une dame prépare des beignets au poulet et à la viande.
Sur la route en direction de la frontière avec la Bolivie.
Nous sommes seuls sur cette route du bout du monde. Rare sont les camions qui la fréquentent. Nous avançons doucement dans ces étendues désertiques. Nous montons également en altitude puisque nous revenons dans la cordillère des Andes. Les nuages sont comme des cotons qui flottent dans le ciel bleu.
Nous arrivons d'abord à la frontière du Chili. Personne pour nous demander les papiers, nous trouvons enfin dans une petite baraque le garde douanier avec son chien.
Quelques kilomètres plus loin nous arrivons à la douane bolivienne. Nous avons l'impression d'être dans un no man's land. Une locomotive sortie de nul part fait son apparition. Très peu de personnes passent ici la frontière, une mère et sa fille se laissent photographier. Au poste douanier, nous ne rencontrons aucun problème pour passer la frontière, 4 ou 5 tampons sur le passeport, aucune vérification de la voiture, nous passons la frontière comme une lettre à la poste : nous sommes en Bolivie.