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"Jean-Pierre", un drôle de Pékin Express

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dimanche, 04 mai 2008 22h22

« Jean-Pierre », un drôle de Pékin Express Place des Armes, à Cusco : « Alors Jean-Pierre, ce Pékin Express ? » Carlos n'en croit pas ses yeux. Jean-Louis et Philippe ont dû louper un épisode, cette tête ne leur dit rien. « Alors tu reviens sur les lieux du crime ? », sourit Carlos. Lui aussi a manqué un épisode : Jean-Pierre et son coéquipier Joël ont vu leur rêve se noyer dans les eaux du Pacifique. Ils ont fini troisièmes du Pékin Express (1).

Depuis fin mars sur la route du Che, Carlos ne pouvait pas le savoir. Mais il savait Jean-Pierre sympathique. Les images ne trompent pas ; ses mots, non plus. « Jamais il n'a critiqué un autre concurrent tout au long durant l'émission », nous glisse Carlos à l'oreille afin de combler mon ignorance.
« Jean-Pierre », un drôle de Pékin Express La télé les a rapprochés. Le tutoiement est spontané. Ils partagent la même passion des gens. A la télé, ils préfèrent la réalité du quotidien. Jean-Pierre a d'ailleurs déjà oublié son échec tout relatif : « Je voulais atteindre le Pacifique. C'est fait. Comme les autres, j'avais aussi promis aux gens qui m'avaient accueilli de revenir les voir. Bien sûr, refaire tout le périple était impossible. Il aurait fallu plus de temps, plus d'argent. Ma femme, Elisabeth, ne connaissait pas le Pérou. On s'est donc concentré sur ce pays. »

Mais que de persévérance pour découvrir la réalité de la télé-réalité : « Avant le Pékin Express, j'ai été candidat à Koh Lanta et à La Carte au trésor. Le casting s'est à chaque fois bien passé. Seulement, TF1 et France 3 trouvaient que je n'avais pas le profil. Pour le Pékin Express, j'ai pris une grosse voix et demander quelqu'un en particulier, Isabelle en l'occurrence. La première épreuve consiste à franchir le standard. Isabelle, je l'avais rencontrée lors des précédents castings. J'ai vite compris que cette fois était la bonne. M6 a d'ailleurs très vite validé ma candidature. »

« Jean-Pierre », un drôle de Pékin ExpressAvec Joël, un coiffeur marseillais, ils ont formé pendant de longues semaines un couple improbable. Autant le premier était impulsif, autant le second était réservé. Lunettes fines, boucles blondes tombant en cascade sur des épaules puissamment entretenues par la pratique régulière du trapèze volant, Jean-Pierre a joué le jeu avec sincérité : « Les trucages ? S'il y en a, ils sont bien faits car je ne les ai pas vus. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai pas pu, moi, comme les autres concurrents à l'écran, m'extasier devant la beauté des paysages. Sans doute parce qu'avec l'âge, on a vu beaucoup plus de choses... En revanche, quand un automobiliste me prenait en stop, je ne le considérais pas comme un simple taxi, je l'interrogeais sur sa vie. Je m'intéressais à lui. Avant, comme tout le monde, je ne prenais pas facilement en stop. Maintenant, je le fais systématiquement. Je ne détourne pas le regard. De la même façon, j'ai toujours un peu de monnaie en poche pour ceux qui tendent la main. Je ne donne jamais moins d'un euro. Mais je n'ai pas de leçon à donner. Simplement, cette aventure m'a beaucoup appris. »

« Jean-Pierre », un drôle de Pékin ExpressSur lui, bien sûr : « Gérant d'une filiale brésilienne du groupe Fiat, j'ai passé trente ans de ma vie engoncé dans un costume-cravate. Aujourd'hui, à 62 ans, c'est une autre facette de ma personnalité que je veux développer, moins sérieuse, plus rigolarde, plus libre. J'ai trop d'amis retraités qui ressassent leur passé. Moi, je veux continuer d'exister. J'ai envie de vivre des trucs grandioses. Avant l'émission, personne ne me connaissait. Aujourd'hui, je suis connu de quatre millions de Français et vous m'interviewez ici, à Cusco. C'est génial, non ? »

Sur les autres, aussi. Sur ses concurrents comme sur les autochtones. La télé-réalité est parfois (souvent ?) trompeuse : « Pour une famille qui accepte de vous héberger, quarante refusent. » Entre-temps, maintenant qu'il revient hors caméra, les bras et les poches pleins de reconnaissance, ces mêmes familles l'accueilleraient presque comme un des leurs. Trop tard. On ne joue plus : « Partout, j'entends : "Et nous ? Pourquoi eux ?" Je réponds simplement : "Parce qu'eux m'ont ouvert leur porte." C'est difficile de rester insensible. Tous ces gens ont si peu. »

Déjà, une autre aventure a commencé. Ailleurs, ici. En France : « Je profite de la notoriété du Pékin Express pour lancer un CD de rap, Casting King. Il devrait cartonner. Il est formaté pour les boîtes de nuit et les radios comme NRJ et Skyrock. » Jean-Pierre n'a pas dit son dernier mot...

(1) Dix équipes de deux concurrents ont rallié Lima (Pérou) depuis Rio de Janeiro (Brésil) avec un euro par jour. L'émission a été enregistrée du 4 octobre au 25 décembre.


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